Du diagnostic à la recherche biomédicale, l’intelligence artificielle s’impose comme le futur de la médecine. Réunis à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD), les professionnels de la santé ouvrent trois jours de débats cruciaux pour tracer la feuille de route d’une intégration éthique et responsable de l’IA au Sénégal et en Afrique.
L’avenir de la médecine africaine se dessine à Dakar. Les Journées Scientifiques de l’Internat (JSI) 2026 ont officiellement ouvert leurs portes ce jeudi à l’UCAD. Placée sous le thème « L’Intelligence artificielle dans le domaine de la santé : opportunités, défis et perspectives », cette édition réunit pendant trois jours un parterre d’internes, d’anciens internes, d’enseignants-chercheurs et de décideurs politiques. L’objectif : anticiper la révolution technologique qui bouleverse déjà les pratiques médicales mondiales.
La « médecine augmentée », une réalité pour la jeune génération
Pour le Dr Gory Gning, président de l’Association des Internes et Anciens Internes des Hôpitaux du Sénégal (AIAIHS), le choix de cette thématique est une évidence. L’IA représente un levier historique pour améliorer la précision des diagnostics, optimiser les protocoles thérapeutiques, booster la médecine préventive et accélérer la recherche biomédicale sur le continent.
« Nous sommes la génération qui exercera pleinement dans cette nouvelle ère de la médecine augmentée par l’intelligence artificielle. Nous avons le devoir de comprendre ces outils, de les maîtriser et d’en faire des leviers au service de la qualité des soins », a plaidé le Dr Gory Gning à l’ouverture des travaux.
Toutefois, cette transition vers le numérique ne va pas sans poser d’importantes questions. Les participants ont d’emblée soulevé les défis majeurs qui attendent le corps médical : la sécurisation et la protection des données personnelles de santé, la neutralité des algorithmes (souvent biaisés par manque de données africaines) et la sauvegarde de la relation humaine indispensable entre le médecin et son patient.
Les exigences de l’État : infrastructures, réformes et éthique
Présent au nom du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Fallou Niang, directeur général des Établissements de santé, a salué la pertinence de cette réflexion. Selon lui, l’intégration des nouvelles technologies s’inscrit en ligne droite des ambitions de l’État de bâtir un système de santé plus résilient et accessible.
Cependant, le représentant du ministère a rappelé que l’intégration de l’IA ne pourra se faire sans régler les problèmes structurels actuels. Plusieurs chantiers restent prioritaires :
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Le renforcement des ressources humaines qualifiées.
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L’amélioration des conditions de formation des jeunes médecins.
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L’insertion professionnelle des spécialistes.
M. Niang a également profité de cette tribune pour annoncer l’agenda législatif et structurel de son département, marqué par l’adoption prochaine de la nouvelle carte sanitaire, du Code de la santé publique, de la réforme hospitalière, ainsi que la mise en place future des Épreuves Classantes Nationales (ECN).
Pendant trois jours, ces JSI 2026 s’annoncent comme le carrefour idéal pour concilier l’innovation technologique et l’éthique médicale, afin que le Sénégal devienne un pionnier de l’IA médicale au service des populations.
