Face aux défis croissants liés à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sur le continent africain, le Sénégal a fait entendre une voix forte et engagée. À l’occasion de la rencontre de haut niveau intitulée « Unlocking Capital for Africa’s Water Security and Sanitation », organisée par Agence de Développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD), le ministre sénégalais de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a livré un plaidoyer appuyé en faveur d’un changement d’échelle dans le financement du secteur de l’eau en Afrique.
L’urgence d’agir dans un contexte climatique sous tension
Dans un monde marqué par le dérèglement climatique, la croissance démographique et l’urbanisation rapide, les besoins en eau et en services d’assainissement ne cessent d’augmenter. Le ministre a rappelé que ces pressions multiples fragilisent les systèmes existants, en particulier dans les pays africains, où l’accès équitable à l’eau demeure un défi majeur pour des millions de personnes.
Conscient de l’ampleur des enjeux, Dr Cheikh Tidiane Dièye a insisté sur la nécessité d’un saut qualitatif dans la mobilisation des ressources financières. Il a salué la dynamique de dialogue et de concertation engagée au niveau continental et international, tout en appelant à des mécanismes de financement plus innovants, capables d’attirer des capitaux privés et institutionnels vers un secteur longtemps sous-financé.
Le « Compact Eau » du Sénégal, un modèle en construction
Au cours de son intervention, le Sénégal a mis en avant les avancées de son « Compact Eau », un programme structurant qui vise à transformer durablement le secteur. Ce dispositif repose sur plusieurs piliers : des réformes sectorielles ambitieuses, des investissements ciblés dans les infrastructures et une ouverture accrue aux partenariats public-privé.
L’objectif est clair : accélérer les flux de financement, moderniser les réseaux d’approvisionnement et d’assainissement, et bâtir des systèmes plus résilients face aux chocs climatiques. Au-delà des chiffres et des projets, le ministre a tenu à rappeler que ces efforts ont un impact direct sur la vie quotidienne des populations, en améliorant la santé, la dignité et les perspectives de développement des communautés.
Une vision continentale portée par l’AMCOW
S’exprimant également en tant que président du Conseil des ministres africains de l’eau (AMCOW), Dr Cheikh Tidiane Dièye a élargi le débat à l’échelle continentale. Il a appelé à traduire les engagements politiques africains en projets concrets, techniquement solides, financièrement bancables et à fort impact social.
Il a notamment insisté sur la nécessité de rendre opérationnelles la Vision africaine de l’eau et les ambitions portées par Agenda 2063, afin que ces cadres stratégiques ne restent pas de simples déclarations d’intention, mais deviennent de véritables moteurs de transformation.
Cap sur 2026 : un rendez-vous stratégique pour l’eau
Dans cette dynamique, la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026, coorganisée par le Sénégal et les Émirats arabes unis, a été présentée comme un levier stratégique majeur. Cette rencontre internationale est attendue comme une opportunité pour catalyser les investissements, renforcer les partenariats et accélérer l’atteinte de l’Objectif de développement durable relatif à l’eau et à l’assainissement.
Le Sénégal, un acteur moteur sur les questions hydriques
À travers cette séquence diplomatique de haut niveau, le Sénégal confirme son positionnement en chef de file sur les enjeux de l’eau et de l’assainissement en Afrique. En faisant de l’eau un axe central de ses politiques de développement durable et de résilience, le pays entend contribuer activement à bâtir un avenir plus sûr, plus équitable et plus durable pour le continent.
Source RTS : https://www.rts.sn/actualite/detail/a-la-une/financement-de-leau-en-afrique-le-senegal-plaide-la-cause-du-continent-pour-un-changement-dechelle
