L’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes (ANPEJ) a donné le coup d’envoi d’un atelier de trois jours axé sur la refonte intégrale du Système d’information sur le marché de l’emploi (SIME). Objectif affiché : doter le Sénégal d’une plateforme moderne et unifiée pour piloter efficacement les politiques d’insertion des jeunes.
Face à l’urgence sociale que représente le chômage des jeunes, le Sénégal veut rationaliser ses outils de pilotage. C’est tout le sens de l’initiative lancée par l’ANPEJ, qui réunit pendant trois jours les acteurs clés de l’écosystème de l’emploi pour poser les jalons du futur « SIME 2 ».
En finir avec la dispersion des statistiques
Présidant l’ouverture des travaux au nom de la directrice générale, le secrétaire général de l’ANPEJ, Emmanuel Diedhiou, a d’emblée rappelé le caractère « transversal, grave et pressant » du défi de l’emploi dans un pays où la jeunesse représente la force vive de la population. Pour y faire face, l’agence entend s’imposer comme le véritable « bras technique de l’État » capable de fédérer toutes les énergies.
Le secrétaire général a notamment plaidé pour une rupture nette avec le cloisonnement actuel des données :
« Il ne sert à rien d’avoir plusieurs centres d’intérêt et plusieurs statistiques pour un seul État », a martelé Emmanuel Diedhiou.
La nouvelle mouture du système ambitionne ainsi de devenir un guichet unique, offrant aux jeunes demandeurs d’asile professionnel une porte d’entrée centralisée vers la formation, l’accompagnement, le financement et le recrutement.
Des données fiables pour de meilleures décisions
Un avis partagé par Oumar Fall, Directeur du Système d’Information et de la Diffusion, qui rappelle une règle d’or de la gouvernance : « La qualité des décisions publiques dépend largement de la qualité des données qui les fondent. » Grâce à ce futur dispositif robuste, l’État pourra anticiper les besoins en compétences du secteur privé, suivre en temps réel les tendances du marché du travail et ajuster l’offre de formation professionnelle.
Ce projet de modernisation de grande envergure ne se fera pas de manière isolée. Il bénéficie d’un appui de poids, tant technique que financier, de la Banque mondiale et de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), à travers le Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre (PHASAOC). L’enjeu majeur des discussions sera d’ailleurs de renforcer l’interopérabilité des données entre toutes ces structures.
Au terme de cet atelier, l’ANPEJ compte capitaliser sur les meilleures propositions technologiques pour faire émerger un outil performant, durable et profondément marqué par « l’empreinte de l’expertise sénégalaise ». Un pas de plus vers une meilleure transparence et efficacité dans la lutte contre le sous-emploi.
